Mais pourquoi les Bulgares disent-ils « merci » en français ?

C’est souvent la première chose qui frappe lorsque l’on visite Sofia pour la première fois : tout s’écrit en cyrillique, cette écriture dense, anguleuse, presque solennelle, qui impose une distance. Pour un visiteur occidental, c’est le dépaysement.

Et puis au détour d’une conversation au coin d’une rue ou dans un commerce, une expression beaucoup plus familière se fait entendre dans la bouche des habitants : « Merci ».

Oui, comme en français. D’ailleurs, il s’agit du même mot.

C’est d’autant plus étonnant que le bulgare possède son propre merci, « blagodarya » (благодаря). Pourtant, au pays de la rakia, « merci » se dit bel et bien dans la langue de Molière.

Pour comprendre cette particularité, il est nécessaire de retourner à la fin du 19e siècle.

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Quand l’Europe parlait français

À cette époque, les Balkans, avides de modernité, regardent vers l’Ouest. Et plus particulièrement la Bulgarie, tout juste libérée du joug de l’Empire ottoman (1878).

Jouissant d’un immense prestige culturel, la France est vue par les élites comme le modèle à imiter.

La bourgeoisie bulgare envoie ainsi ses enfants étudier à Paris, à Genève, à Bruxelles.

Les premiers diplomates bulgares sont souvent francophones. Les salons littéraires, les journaux, les cercles artistiques s’imprègnent d’une langue perçue comme synonyme de progrès, d’élégance, d’internationalisme.

Plusieurs mots français sont absorbés par le bulgare, comme « parfum » (парфюм/parfium), « chauffeur » (шофьор/shofyor), « robe » (рокля/roklja) ou « ascenseur » (асансъор/asansyor).

Et parmi eux, « merci » censé dénoter un certain raffinement dans la bouche de celui qui l’emploie.

Le bulgare, une langue en mouvement

Là encore cela, peu surprendre pour qui ignore l’histoire de la Bulgarie, véritable carrefour de civilisations, mais peut-être plus encore que de nombreuses autres langues, le bulgare est très perméable aux influences extérieures.

Au fil des siècles, le vocabulaire s’est en effet enrichi de mots d’origines très différentes, et ce pour des raisons très diverses. Chaque mot importé raconte une trajectoire, un choix d’orientation culturelle.

Là où les mots turcs, cinq siècles d’occupation obligent, sont plutôt liés au quotidien (cuisine, objets de tous les jours…), les mots russes, hérités de l’ère soviétique, se retrouvent dans le vocabulaire politique et administratif, tandis que les mots allemands sont repris dans les domaines techniques.

Plus inattendu, le « ciao » italien (чао), lui aussi très populaire, s’emploie pour sa décontraction.

Et « blagodarya » dans tout ça ?

Bien que « merci » soit utilisé couramment, il ne l’a absolument pas remplacé. Les deux s’emploient en réalité, non pas de manière indifférenciée, mais suivant le contexte.

Contactée à ce sujet, Vélina, professeur de bulgare (retrouvez-la sur son compte Instagram BulgarianWithVelina) nous explique pourquoi.

« Les Bulgares n’utilisent pas plus ‘merci’ que ‘blagodarya’. Les deux remplissent une fonction différente. ‘Blagodarya’ est plus formel, ‘merci’ est plus familier. »

Cette distinction s’est toutefois faite avec le temps car initialement c’était l’inverse

« ‘Merci’ est plus court, plus efficace que ‘blagodarya’, et du fait de sa tonalité plus légère, le mot s’est progressivement diffusé dans nos vies, jusqu’à prendre une teneur franchement amicale. ‘Blagodarya’ est a contrario plus ‘poli’, plus solennel. Il est privilégié lorsque la gratitude est plus profonde, plus marquée. »

Pas nécessairement traduisible en français, cette nuance illustre comment le bulgare sait s’enrichir au contact d’autres cultures sans pour autant se dénaturer.

Dans tous les cas, que l’on vous dise « merci » ou « blagodarya », rien ne vous empêche de répondre « molya » (моля) – « de rien » en bulgare.

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