Le Rubik’s Cube, une invention hongroise

Existe-t-il une chose au monde que la Hongrie n’ait pas inventée ? Le stylo bille, l’hélicoptère, l’allumette de sécurité, la vitamine C… la liste semble interminable pour un pays qui dépasse à peine les dix millions d’habitants.

Longtemps réputée pour la qualité de son système éducatif et l’excellence de sa culture mathématique, la Hongrie a produit à la chaîne parmi les esprits les plus brillants de l’époque, à l’image de ses nombreux prix Nobel et scientifiques dont la renommée a largement dépassé ses frontières (le physicien Dennis Gabor, le chimiste Avram Hershko, le médecin Albert Szent-Györgyi…).

Vendu à plus d’un demi-milliard d’unités depuis sa création (!), le Rubik’s Cube s’inscrit pleinement dans cette tradition.

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Le génie hongrois

Tout commence en 1974, du temps du Rideau de fer.

Fils d’un père mécanicien et d’une mère poète, Ernő Rubik, 30 ans, est alors un jeune architecte qui dispense des cours de design à l’Académie des arts appliqués de Budapest.

La légende veut que ce soit en cherchant à aider ses étudiants à développer leur vision en trois dimensions que l’idée lui serait venue de concevoir un cube en bois composé de 26 petits cubes imbriqués, capables de pivoter dans tous les sens sans jamais se désassembler. Une fois l’ouvrage terminé, il colle du papier adhésif de couleur sur chacune des faces afin de permettre une meilleure observation des mouvements.

Problème : lorsqu’Ernő Rubik se met à manipuler ledit cube, il lui faut plus d’un mois pour le faire revenir à sa position initiale !

Le Rubik’s Cube est né. Ou plutôt le Cube Magique (« Bűvös Kocka » en hongrois) comme il le baptise sur le moment.

« C’était merveilleux de voir après seulement quelques mouvements les couleurs se mélanger de façon en apparence aléatoire. C’était magnifique d’assister à cette valse de couleurs. C’est là que j’ai réalisé que je venais d’inventer un casse-tête que je n’arrivais pas à résoudre » confiera-t-il.

Bien qu’Ernő Rubik dépose dans la foulée un brevet, dans la Hongrie communiste, il doit encore patienter deux années supplémentaires pour commercialiser son cube – qui sera, bien entendu, fabriqué et distribué par une entreprise d’État socialiste.

C’est ensuite la diaspora magyare qui va le faire connaître à l’international.

Tibor Lacsi, un Hongrois résident à Vienne, tombe sur le cube lors de l’un de ses séjours au pays et décide de le présenter au célèbre salon du jouet de Nuremberg, en Bavière. S’il échoue à trouver un distributeur allemand, il fait en revanche la connaissance d’un autre Hongrois d’origine installé lui à Londres, Tom Kremer. Ce dernier parvient à convaincre le groupe américain Ideal Toys de le distribuer à l’échelle mondiale.

Légèrement modifié pour satisfaire les différentes réglementations occidentales en matière d’emballage et de sécurité, le Cube Magique, rebaptisé le Rubik’s Cube (et pas le « Rubix Cube » ou le « Rubicube ») commence ainsi à être exporté hors de Hongrie en 1980.

La « Rubikmania »

Très vite, le Rubik’s Cube rencontre un succès massif : près de 100 millions d’exemplaires sont vendus en trois ans.

À la manœuvre, Ideal Toy exploite pleinement son potentiel. Le cube, avec sa forme simple et ses couleurs vives, est décliné en variantes et en puzzles, tandis que la chaîne de télévision américaine ABC lui consacre en 1983 un dessin animéRubik, the Amazing Cube, l’histoire d’un cube vivant déployant ses pouvoirs une fois résolu.

Le phénomène dépasse rapidement le cadre du jouet. En 1981, le prestigieux Museum of Modern Art de New York (MoMA) l’intègre à ses collections et en donne une lecture éclairante : « le Rubik’s Cube appelle au désir inné de créer l’ordre à partir du chaos, pour les enfants comme pour les adultes ».

Car c’est bien là l’essentiel. Si le Rubik’s Cube devient une icône de pop culture, l’engouement qui l’entoure repose avant tout sur ce défi intellectuel qui s’impose immédiatement à quiconque le prend en main.

Une véritable discipline émerge alors : le speedcubing, ou l’art de résoudre le Rubik’s Cube le plus rapidement possible. Derrière ses six faces se cachent en effet plus de 43 trillions de combinaisons (43 252 003 274 489 856 000 pour être exact), et surtout une infinité de méthodes pour y parvenir.

Naturellement, des passionnés cherchent à optimiser leurs mouvements, mémoriser des enchaînements, affiner leurs stratégies. Une littérature spécialisée voit le jour, à l’image du best-seller You Can Do The Cube de Patrick Bossert, écoulé à plus d’un million d’exemplaires.

Et c’est ainsi que le premier championnat du monde de Rubik’s Cube est organisé en 1982 à Budapest – 20 concurrents, victoire de l’Américain Minh Thai en 22,95 secondes.

Internet à la rescousse

La folie du Rubik’s Cube connaît toutefois un passage à vide dans les années 90, notamment à cause de la concurrence des jeux vidéo qui captent plus facilement l’attention des jeunes générations.

Paradoxalement, c’est justement l’avènement du numérique qui évite au Rubik’s Cube de terminer sur des étagères poussiéreuses.

Blogs, forums, tutoriels YouTube et réseaux sociaux lui offrent une seconde vie en permettant aux aficionados du monde entier de former une immense communauté.

Outre le fait que la communauté en question constitue un marché très lucratif, chacun y échange ses méthodes et algorithmes (suites de mouvements prédéfinies) pour venir à bout d’un mauvais scramble (un cube mélangé particulièrement ardu à résoudre) ou sur la meilleure façon de devenir sub-20 (capable de résoudre le jeu en moins de 20 secondes).

Dans ce contexte, le speedcubing prend une toute nouvelle dimension (ses adeptes deviennent de petites vedettes, le record du monde tombe en dessous de la barre des 10 secondes en 2007….), d’autant plus qu’en 2004 naît la très officielle World Cube Association (WCA). En charge de réguler et superviser les compétitions nationales et internationales, elle participe pleinement à la popularisation du Rubik’s Cube dans de nouveaux pays.

Cerises sur le gâteau, le grand écran lui fait la part belle en 2006 avec À la recherche du bonheur avec Will Smith, puis en 2008 avec WALL-E des studios Disney, deux immenses cartons en salles.

Et la Hongrie dans tout ça ?

La personne peut-être la plus surprise par cette success story qui dure désormais depuis plus de 50 ans est très certainement Ernő Rubik. En 2020, lors de la campagne de promotion de ses mémoires intitulées Cubed: The Puzzle of Us All, il avait d’ailleurs laissé échapper que pour lui « l’impact du cube a été beaucoup plus intéressant que le cube lui-même ».

« Je pensais que mon invention plairait à ceux qui ont une formation en sciences, en mathématiques ou en ingénierie (…) Jamais je n‘aurais imaginé qu’elle se fraye son chemin vers le grand public » écrit-il.

Et il se pourrait bien que l’histoire n’en soit qu’à ses débuts.

Président honoraire à vie de Rubik’s Brand Limited, en janvier 2021, Ernő Rubik a accepté que la marque Rubik’s Cube soit rachetée pour 50 millions de dollars par le géant canadien du jouet Spin Master.

L’objectif affiché ? Développer toujours plus le Rubik’s Cube sur « le long terme » (licences, produits dérivés, collaborations…).

Et qu’importe si la Hongrie n’est aujourd’hui plus qu’un lointain souvenir (les usines de production sont en Chine, les principaux champions sont asiatiques…), le Rubik’s Cube demeure une immense source de fierté nationale.

Ou comment un petit pays d’Europe Centrale a su conquérir le monde grâce à la seule force de sa matière grise.

[Bonus] Comment résoudre un Rubic’s Cube ?

Avec quelques techniques simples et un peu de pratique, vous aussi vou spouvez venri à bout d’un Rubik’s Cube.

Après pour ce qui est de battre le record du monde récemment porté par le Polonais Teodor Zajder à 2,76 secondes (!), il vous faudra peut-être plus qu’un tuto…

Et si vous partiez découvrir la patrie du Rubik’s Cube ?

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