La petite histoire de l’Opéra d’État hongrois

La petite histoire de l’Opéra d’État hongrois

Vous ne pouvez pas le manquer. Trônant sur la somptueuse avenue Andrássy (l’avenue principale de Budapest, déclarée Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO en 2002), l’Opéra d’État hongrois en impose.

Joyau de style néo-Renaissance mâtiné d’éléments baroques, il témoigne depuis bientôt un siècle et demi de l’âge d’or d’une capitale riche d’une tradition musicale top souvent méconnue.

Retracer l’histoire du « Magyar Állami Operaház » (ou « Operaház » pour les intimes) c’est ainsi se replonger dans le faste d’un passé glorieux, celui de la haute société hongroise du 19ème siècle et de sa sophistication hors pair.

 

À l’origine de Budapest

Avant 1873, Budapest n’existe pas.

En lieu et place, trois villes distinctes occupent un même territoire : Buda, Pest et Obuda.

Tout change en 1867 avec l’avènement de l’Empire austro-hongrois. Désireux d’affirmer leur identité nationale face à son puissant allié autrichien, les Hongrois souhaitent établir une capitale forte, reconnaissable. Une capitale capable de rivaliser avec Vienne.

Le 17 novembre 1873, Buda, Pest et Obuda fusionnent donc pour devenir Budapest.

Cette unification marque le coup d’envoi d’une ambitieuse politique de modernisation qui donne naissance en quelques années à bon nombre des monuments et infrastructures encore aujourd’hui les plus emblématiques de la ville – le Pont des Chaînes, le Parlement, l’avenue Andrássy, le métro…

En plein essor culturel, Budapest souhaite également se doter d’un opéra digne de ce nom. Ce que François-Joseph Ier, empereur d’Autriche et roi de Hongrie, autorise… à la condition expresse que l’édifice soit plus petit que l’Opéra de Vienne !

 

La taille ne fait pas tout

Chargé de mener à bien la construction de l’édifice, l’architecte hongrois Miklós Ybl, l’un des architectes les plus renommés de l’époque, prend acte : si l’Operaházne peut pas dépasser en taille son homologue autrichien, il le dépassera en termes d’esthétisme et d’opulence !

Les travaux débutent alors en 1875 dans cette optique. Prévus pour durer quatre ans, ils dureront neuf ans.

La faute au perfectionnisme de Miklós Ybl et ses collaborateurs – ce dernier étant allé jusqu’à effectuer un vaste voyage d’étude à travers l’Europe avant de poser les bases du projet. La faute aussi à l’intransigeance de François-Joseph Ier qui a forcé à plusieurs reprises de redessiner les plans.

Le 27 septembre 1884 l’Opéra d’État hongrois et ses 1261 places assises (contre 1709 pour Vienne) est néanmoins inauguré en grandes pompes – la légende veut qu’un billet pour assister à la cérémonie coutait l’équivalent de deux chevaux, une fortune pour l’époque.

Pour cette première, sont joués Bánk bán de Ferenc Erkel et Lohengrin de Richard Wagner. Le tout sous l’œil attentif de l’Empereur et de sa femme Élisabeth de Wittelsbach… plus connue dans nos contrées sous le nom de Sissi l’Impératrice.

Venus en masse se presser aux abords du bâtiment, Budapestois et Budapestoises découvrent les yeux grands ouverts le chef-d’œuvre qui leur a été promis.

 

Tandis qu’un duo de sphinx en marbre de Carrare veille aux abords du bâtiment (l’un tient une couronne de laurier, l’autre un masque, une référence à la thèse nietzschéenne selon laquelle l’art est gouvernée par les forces dionysiaque et apollinienne), la façade, ornée de colonnes corinthiennes, sert d’écrin à quatre magnifiques statues :

  • celles à l’entrée de Ferenc Liszt (considéré comme le plus grand musicien hongrois) et de Ferenc Erkel (l’auteur de l’hymne national et le tout premier directeur musical de l’Operaház).
  • celles nichées dans les murs au premier étage de quatre muses rappelant la Grèce antique

Sur le toit, les compositeurs les plus illustres de l’histoire de la musique classique (Monteverdi, Mozart,Beethoven, Tchaikovsky…) surplombent la ville.

Un spectacle à couper le souffle qui prend en sus une dimension nouvelle sous les lumières de la ville à la tombée de la nuit.

 

Un intérieur aussi spectaculaire que l’extérieur

L’émerveillement se poursuit sitôt rentrée dans le hall avec une décoration tout en marbrures, fresques et dorures. Chaque pièce semble surpasser la précédente en termes de luxe et de raffinement.

Détail qui n’en est pas un, comme pour la façade, à quelques rares exceptions, tous les matériaux proviennent de Hongrie et toutes les œuvres sont le fruit du travail d’artisans hongrois.

Petite visite guidée en images.

Le foyer

Avec ses colonnes doriques et ses voûtes dorées, difficile de ne pas penser à la Renaissance italienne.

Antiquité grecque toujours, entre deux bustes rendant hommage à Miklós Ybl et Ferenc Erkel, les tableaux mettent notamment en scène le concours musical entre Marsyas et Apollo (le pauvre Marsyas finira écorché vif pour avoir osé défier un dieu) et la descente d’Oprhée aux enfers pour ramener Eurydice dans le monde des vivants.

Au plafond, les neuf Muses filles de Zeus et de Mnémosyne (Calliope, Clio, Érato, Euterpe, Melpomène, Polymnie, Terpsichore, Thalie et Uranie) sont peintes grandeur nature aux côtés d’Apollo et Dionysos, là encore en référence à Friedrich Nietzsche.

Le grand escalier

Notez que contrairement à ce que l’on peut lire çà et là sur le net, ce grand escalier en marbre n’est pas inspiré du grand escalier du Palais Garnier à Paris.

Contacté à ce sujet, l’Opéra d’État a tenu à clarifier cette rumeur : « Miklós Ybl, était un homme discret, et il existe peu d’informations sur le processus de conception de l’Opéra royal hongrois. S’il connaissait évidemment très bien le plan du Palais Garnier, la forme et la structure des deux escaliers diffèrent trop pour que l’on puisse parler de référence directe. Son influence principale serait plutôt ici à chercher du côté du Semperoper de Dresde en Allemagne. »

L’escalier royal

Emprunté par la noblesse pour accéder aux salons du premier étage, il était apparemment très apprécié par Sissi pour son miroir qui, parait-il, l’amincissait.

 

Ce miroir lui permettait également de jeter un œil à la tenue que portait son époux ainsi qu’au décor qui l’entourait. Étiquette oblige, lors de ses apparitions publiques, il était en effet très mal vu que le couple royal tourne la tête sur la droite ou sur la gauche.

Le bar Fetzy

Ambiance feutrée, lambris en chêne, alcôves, chandeliers… rien de tel que de se retrouver à l’entracte autour d’un bon verre au bar pour converser !

L’auditorium

Pour qui lève les yeux, le spectacle vaut celui qui est proposé sur scène, avec d’une part, ce lustre central qui pèse plus de deux tonnes, et de l’autre, cette coupole de plus de quatre mètres de diamètre représentant le mont Olympe et ses dieux.

 

Une acoustique hors du commun ?

Ce serait même historiquement l’une des meilleures d’Europe.

Dans son ouvrage de référence Music, Acoustics & Architecture publié en 1962, l’expert américain Leo Beranek avait classé 55 salles de concert et 31 opéras à travers le monde en les notant de 0 à 100.

Cinq ans plus tard, en 1967, le Groupe de recherche acoustique de l’Université scientifique hongroise a répliqué cette méthode pour noter à son tour l’Operaház. Résultat ? Un score de 84 sur 100 qui le plaçait 5 petits points derrière La Scala de Milan et 2 points devant le Palais Garnier à Paris !

Bien que ce classement n’ait depuis as été mis à jour, l’Opéra d’État hongrois a entretemps été rénové à deux reprises, dont la dernière fois entre 2016 et 2022, spécifiquement afin d’améliorer son acoustique !

 

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